La francophonie en paroles – Valledaostaglocal.it



La sensazione è sempre la stessa: quando si parla di francofonia in Valle d’Aosta si alzano i toni, si fanno i comunicati (in italiano e raramente in francese), si moltiplicano gli incontri solenni… poi, nella vita reale, il francese continua a sparire piano piano dalle abitudini quotidiane come una lingua che non trova più casa.

Nei giorni scorsi, al Forte di Bard Forte di Bard, si è svolta la terza riunione del Comitato di Cooperazione Frontaliera Italia-Francia, con la presenza pesante – e simbolicamente impeccabile – del Ministro degli Esteri italiano Antonio Tajani e del suo omologo francese Jean-Noël Barrot. Tavoli, strette di mano, dichiarazioni di principio: la Valle d’Aosta “regione cerniera”, “ponte naturale”, “laboratorio di cooperazione”. Anche in questo caso il comunicato finale redatto in rigorosa lingua italiana.

Nel mezzo, anche la voce dell’assessore all’istruzione e identità culturale Erik Lavevaz, che rivendica la volontà di rendere il bilinguismo “più vissuto e più presente nella vita quotidiana”. Parole giuste, formule corrette, obiettivi condivisibili: francese come strumento vivo, scambi culturali, giovani, apertura, collaborazione.

Eppure, mentre nei comunicati il francese “vive e si rafforza”, fuori dalle sale istituzionali sembra sempre più un soprammobile identitario.

Perché c’è un dettaglio che nessun tavolo tecnico affronta davvero: la francofonia non si misura nei protocolli, ma nell’uso quotidiano. E lì il bilancio è impietoso.

Un tempo in Valle d’Aosta si potevano ricevere senza acrobazie tecniche i canali francesi e svizzeri, in particolare quelli del servizio pubblico. Era una finestra culturale costante: notiziari, dibattiti, intrattenimento, lingua viva. Poi sono stati installati impianti, ripetitori, infrastrutture… e poi, lentamente, il silenzio. Il segnale si è affievolito fino quasi a sparire. E con lui è sparita anche una delle forme più concrete di immersione linguistica quotidiana.

E qui sta il punto politico, non folkloristico: si parla di francofonia nei documenti strategici, ma si lascia morire la francofonia reale nei fatti.

Il paradosso diventa quasi grottesco: da un lato si invoca lo spirito del Trattato del Quirinale e la cooperazione transfrontaliera come modello europeo avanzato; dall’altro si accettano normative e inerzie amministrative che complicano proprio ciò che dovrebbe essere incoraggiato: scambi, cultura, contatti quotidiani tra comunità di frontiera.

E allora viene da chiedersi se la legge “La Loggia” del 2003 sia davvero il problema principale o solo l’alibi perfetto per una politica regionale che, sulla francofonia, ha progressivamente smesso di investire con convinzione.

Perché la verità è semplice, anche se scomoda: la lingua non vive di convegni, vive di abitudine. E l’abitudine si costruisce con scuola, media, cultura accessibile, televisione, contenuti. Non con le dichiarazioni di principio.

Oggi invece si assiste a una francofonia da cerimonia: elegante nei comunicati, impeccabile nei convegni, ma sempre più marginale nella vita reale dei valdostani.

E così il rischio è evidente: la Valle d’Aosta continua a definirsi bilingue, mentre nella pratica quotidiana diventa sempre più monolingue. Con buona pace della retorica istituzionale e delle occasioni transfrontaliere celebrate con foto di rito.

La domanda finale è brutale ma inevitabile: stiamo ancora difendendo la francofonia… o stiamo solo raccontando che la difendiamo?

Francofonia a parole

Le sentiment est toujours le même : lorsqu’on parle de francophonie en Vallée d’Aoste, les discours s’enflamment, les communiqués se multiplient – en italien et seulement rarement en français – et les rencontres solennelles s’enchaînent. Puis, dans la vie réelle, le français continue de disparaître lentement des habitudes quotidiennes, comme une langue qui ne trouve plus sa place.

Ces derniers jours, au Fort de Bard Forte di Bard, s’est tenue la troisième réunion du Comité de coopération frontalière Italie–France, en présence du ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani et de son homologue français Jean-Noël Barrot. Tables de travail, poignées de main, déclarations de principe : la Vallée d’Aoste comme « région charnière », « pont naturel », « laboratoire de coopération ». Là encore, le communiqué final a été rédigé en langue italienne stricte.

Dans ce contexte, l’intervention de l’assesseur à l’instruction et à l’identité culturelle Erik Lavevaz a rappelé la volonté de rendre le bilinguisme « plus vécu et plus présent dans la vie quotidienne ». Des paroles justes, des objectifs partageables : le français comme outil vivant, fait d’échanges culturels, de jeunesse, d’ouverture et de relations.

Et pourtant, tandis que dans les communiqués le français « vit et se renforce », en dehors des salles institutionnelles il apparaît de plus en plus comme un simple objet identitaire décoratif.

Car un point essentiel échappe encore à tous les groupes de travail : la francophonie ne se mesure pas dans les protocoles, mais dans l’usage quotidien. Et sur ce terrain, le constat est sévère.

Autrefois, en Vallée d’Aoste, il était possible de recevoir sans difficulté les chaînes françaises et suisses du service public France Télévisions. C’était une fenêtre permanente sur la culture et l’information en langue française : journaux télévisés, débats, divertissement, langue vivante. Puis des installations et des relais ont été mis en place, mais progressivement le signal s’est affaibli jusqu’à presque disparaître. Avec lui s’est éteinte une des formes les plus concrètes d’immersion linguistique quotidienne.

C’est là que réside le nœud politique, et non folklorique : on proclame la centralité de la francophonie dans les documents stratégiques, mais dans les faits, la francophonie réelle s’appauvrit.

Le paradoxe devient évident. D’un côté, on invoque l’esprit du Traité du Quirinal et la coopération transfrontalière comme modèle avancé d’intégration européenne ; de l’autre, on accepte des normes et des inerties administratives qui finissent par freiner précisément ce qui devrait être encouragé : les échanges, la culture, les relations quotidiennes entre communautés de frontière.

On peut alors se demander si la loi dite « La Loggia » de 2003 est vraiment le problème principal, ou plutôt le prétexte confortable d’une politique régionale qui, sur la francophonie, a progressivement réduit l’investissement et la conviction.

Car la vérité est simple, même si elle dérange : une langue ne vit pas de conférences, elle vit d’habitudes. Et les habitudes se construisent à l’école, dans les médias, dans l’accès à la culture, à la télévision et aux contenus du quotidien. Pas à travers des déclarations de principe.

Aujourd’hui, au contraire, on assiste à une francophonie de cérémonie : élégante dans les communiqués, irréprochable dans les conférences, mais de plus en plus marginale dans la vie réelle.

Le risque est clair : la Vallée d’Aoste continue de se définir comme bilingue, alors que dans la pratique quotidienne elle glisse progressivement vers le monolinguisme. Avec tout le respect dû à la rhétorique institutionnelle et aux photos officielles des rencontres transfrontalières.

La question finale reste inévitable : défendons-nous encore la francophonie… ou nous contentons-nous de dire que nous la défendons ?




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